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À l'aube du XXIe siècle il est permis de jeter un œil par-dessus
l'épaule de son voisin, afin d'apercevoir ce qui a tellement changé
dans le traitement du diabète car vraiment cette affection n'est
plus ce qu'elle était. L'insuline ? Bien sûr, même si l'insuline
reste l'insuline, la production a changé : on est passé du bœuf
au porc et du porc au microbe puis à la levure pour produire...de
l'insuline d'homme. Les insulines actuelles sont pures, peu ou pas
allergisantes, et préparées de telle sorte que le diabétique dispose
d'insulines ayant pratiquement toutes les durées d'action utiles.
Les matériels d'injection ? Il suffit de se remémorer les grosses
seringues en verre avec les aiguilles métalliques, longues et épaisses,
pour constater combien le paysage de l'injection a changé : facile,
pratiquement indolore, elle permet sans appréhension de faire plusieurs
injections par jour. Le contrôle des glycémies ?
La plupart des lecteurs de glycémie actuels sont faciles à utiliser
et performants. Ils permettent de contrôler la majorité des diabètes
et d'adapter - avec un peu de subtilité - les doses d'insuline.
Tout cela explique la très importante diminution des complications
du diabète.
Alors, devant nous la joie ? Pas trop vite, car le diabète est
têtu et les contraintes demeurent. D'abord, il paraît peu probable
qu'on puisse éviter les injections d'insuline et pour un certain
temps encore. Inhalations, spray : les fabricants travaillent sur
des modes d'administrations différents. L'objectif étant de faciliter
la répartition de l'insuline : n'oublions pas que le pancréas injecte
de l'insuline cent vingt fois par jour ! Nous sommes encore loin
du compte avec nos techniques habituelles. L'espoir d'un système
automatique qui administrerait l'insuline en fonction des glycémies
ressemble de plus en plus au mirage de l'eau dans le désert. En
revanche le développement de systèmes de mesure de la glycémie sans
effraction - sans piqûre au bout du doigt - sont très probablement
en ligne de mire. Enfin, l'extraordinaire développement de la thérapie
génique permet de rêver : imaginez une cellule clonée à partir d'un
être vivant, puce ou éléphant, peu importe. Cette cellule sera programmée
pour fabriquer de l'insuline, pour résister aux phénomènes de rejet,
insensibles aux attaques qui ont détruit le pancréas du diabétique.
Cette fameuse cellule, n'est plus hors de portée. Implantée à l'intérieur
du corps elle sécréterait l'insuline en fonction de la glycémie.
Plus de diabète !
Mais
alors, que deviendront les diabétologues ? Faudra-t-il les cloner
pour qu'ils survivent ? Continuons à rêver, ce XXIe siècle va me
plaire...
Professeur
Léon PERLEMUTER
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