C'est... TOUT NEUF !
 
Brèves de congrès : ALFEDIAM Bordeaux 2003. (chap. 4)
Pr. Léon PERLEMUTER
 

4 -Supprimez-moi ce rejet que je ne saurais supporter !
 

Récemment, des résultats encourageants de la transplantation d'îlots, chez des diabétiques instables (Edmonton, Canada) a été attribuée d'abord à des médicaments anti rejet moins diabétogènes c'est-à-dire sans corticostéroides . Pour les amateurs de précision, les produits anti-rejet utilisés étaient des doses réduites d'anticalcineurines combinées au sirolimus. En second lieu, l'augmentation de la masse d'îlots greffés, fixée à 10 000 îlots-équivalents/kg, injectés le cas échéant de façon itérative joue de façon majeure.
Une étude franco-suisse a été entreprise pour améliorer encore ces résultats. L'étude est un peu complexe, mais passionnante car elle suscite de l'espoir.
Le Pr. P.Y. Benhamou a déjà rapporté les résultats préliminaires que nous avons cité sur notre site.

Allotransplantation d'îlots chez le diabétique de type 1 urémique avec une nouvelle stratégie immunosuppressive. Résultats préliminaires de l'étude multicentrique GRAGIL 1B .

Chez des patients conservant une fonction rénale correcte on a préparé des îlots selon une méthode dénuée de produits allergisants ou toxiques. Les pancréas ont été prélevés au sein des CHU du réseau GRAGIL et acheminés à Genève pour la préparation des îlots. Les greffes ont été faites par voie intraportale dans un délai de 24 h suivant la préparation des îlots. La quantité minimale requise était de 5 000 îlots/kg. Une seconde injection étant envisagée dans un délai de 3 mois en l'absence d'insulino-indépendance et en présence d'un premier greffon fonctionnel. Le traitement contre le rejet des îlots a comporté une induction par anticorps antirécepteurs de l'interleukine 2 (Basiliximab, Simulect®) et une association : everolimus RAD, Certican et anti-calcineurine (Neoral®).
Du 5 décembre 2001 au 14 septembre 2002, 9 patients ont reçu une ou deux injections d'îlots. Une insulino-indépendance a été obtenue chez 5 patients : elle se prolonge chez 1 patiente avec un recul de 9 mois ; 3 autres patients ont repris l'insulinothérapie après un sevrage de 15, 30 et 90 jours mais conservant une insulino-sécrétion et une diminution de 50 % de leurs besoins insuliniques. La fonction du greffon est indétectable chez les 3 autres patients (rejet, non fonction primaire et possible récidive autoimmune).
Outre un décès imputable à l'immunosuppression, les effets indésirables comprennent une hémorragie hépatique sévère, une thrombose portale partielle réversible, et une aphtose buccale grave.
Cette étude souligne la nécessité de progresser dans la maîtrise de l'autoimmunité, dans la recherche d'un site de greffe alternatif moins invasif que le foie et d'une immunomodulation plus efficace et mieux tolérée, dans l'obtention d'une masse d'îlots viables plus importante, et dans la définition des meilleures indications.
Vaste programme comme disait le Grand Charles !

   
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