| |
Une
très intéressante étude a été
publiée par le célèbre New England Journal
of medicine afin de savoir si on peut éviter à des
sujets à haut risque de devenir vraiment diabétiques.
(Diabetes Prevention Program Research Group. NEJM ; 2002 ; 346 :
393-403)
Le diabète de type 2 touche environ 8 % des adultes aux Etats-Unis
(si vous comptez en millions de diabétiques cela fait beaucoup
!), un peu moins en France où près de 3 millions de
personnes sont cependant concernées.
Bien qu'il s'agisse d'une maladie d'origine génétique,
le diabète de type 2 est favorisé par le surpoids
et la sédentarité.
Peut-on envisager de diminuer les risques en agissant sur ces
facteurs ? Voilà qui a motivé le travail des chercheurs
et
des diabétiques. Les auteurs de ce travail ont ainsi
étudié le devenir de 3 234 personnes non diabétiques,
étiquetées toutefois comme " douteuses "
c'est-à-dire avec des anomalies de la glycémie à
jeun et après absorption d'une quantité importante
de glucose. L´âge moyen des participants était
de 51 ans et l´indice de masse corporelle moyen
de 34. Il y avait 68 % de femmes et 45 % des diabétiques
venaient des groupes ethniquement minoritaires aux Etats-Unis.
Par tirage au sort, trois groupes ont été choisis
: le premier a reçu du placebo, le second de la
metformine ( très connu en France sous le nom commercial
de Glucophage ), et le troisième un programme de modification
de l'hygiène de vie dont l´objectif était
de perdre au moins 7 % du poids et d´avoir au moins 150 minutes
d´activité physique par semaine.
Les résultats au bout de 2.8 années ont montré
que le nombre de nouveaux cas de diabète ( incidence ) était
de 11 cas pour 100 personnes-années dans le groupe "
placebo ", de 7.8 dans le groupe " metformine " et
de 4.8 dans le groupe "hygiène de vie ". Les changements
d'habitude d'hygiène de vie ont réduit l´incidence
de diabète de type 2 de 58 % et le traitement par metformine
l´a réduite de 31 % en comparaison du placebo.
On peut également exposer les faits ainsi : pour éviter
un cas de diabète pendant 3 ans, il suffit que 6.9 personnes
participent à un programme portant sur l´hygiène
de vie alors qu´il en faut 13.9 recevant de la metformine.
Les modifications du mode de vie ( perte de poids et activité
physique ) et le traitement par metformine réduisent donc
tous deux l´incidence du diabète chez les personnes
à haut risque mais les modifications de l´hygiène
de vie, en réduisant deux fois plus les facteurs de risque,
constituent la meilleure stratégie.
|
|