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CS
Merci Marcel Povre d'Avoir et bienvenue à tous. Je vais vous
présenter nos invités de ce soir :
Madame Rubens Hottentote, représentante de l'association des
victimes de l'obésité, partie civile au procès
RH :Bonsoir !
CS :Maitre Gilbert Bonhard, avocat de trois des ministres
mis en examen
GB :Bonsoir ! je tiens tout de suite à préciser
que mon nom
s'écrit avec un " B " et que je n'ai pas d'enveloppe
ici prouvant quoi que ce soit
CS :Tout le monde aura compris, Maitre, et notre dernier
invité est le célèbre publicitaire Jacques Cegralas
JC : Bonsoir à tous et merci de m'avoir invité
CS
: Madame Hotenttote, pourriez-vous, brièvement, rappeler
à nos téléspectateurs, pourquoi ces plaintes
et ce procès ?
RH :Tous les membres de l'association, obèses ou anciens
obèses, comme moi-même, ont de graves problèmes
de santé qui y sont liés (diabète, et maladies
cardiovasculaires notamment). Ces affections sont apparues de façon
trop précoce avec 10 à 20 ans d'avance . Ce fait est
confirmé par l'équipe du Professeur Drobzel du centre
du génôme humain. Vous savez que son équipe
est mondialement connue pour les travaux entre génétique,
obésité, diabète et maladies cardio-vasculaires.
GB :Travaux bidouillés et non fiables, tout
le monde le sait
CS : Maitre ! pas de diffamations, vous aurez la parole
tout à l'heure. Continuez, madame.
RH :Nos adhérents ont tous passé les
tests qui confirment ce que je vous ai dit.
CS :Alors ?
RH : Nous demandons réparations pour nos années
de vie en moins et notre handicap !
MPDA :Mais pourquoi, poursuivre les politiques et
pas les industriels ?Si j'ai bien compris, c'est un abus de certains
aliments qui est en cause ?
JC :Ecoutez, monsieur d'Arvor, les industriels que
vous semblez attaquer, avec me semble-t-il de la mauvaise foi, ont
mis sur le marché des produits parfaitement sains sur le
plan de la qualité bactériologique et toxicologique
en respectant et même plus toutes les normes de sécurité
édictés par les pouvoirs publics. A partir de ce moment
on ne peut interdire la mise sur le marché de ces produits.
L'attitude des industriels est inattaquable puisque toutes les règles
ont été respectés !
MPDA : Oui, mais il me semble qu'au siècle
dernier dans les années 1990, vous avez augmenté la
teneur en sel de certains aliments afin de créer une dépendance
accrue et d'augmenter les ventes.
JC :C'est exact, mais parfaitement légal et
autorisé. Je ne vois pas le problème. Par contre,
les politiques ont pour mission de légiférer, de réglementer
et de faire par la suite, respecter ces lois et règlements.
La vente et la consommation de boissons alcoolisées sont
légales mais réglementées ! Les véhicules
automobiles peuvent rouler vite sur circuit mais ont leur vitesse
réglementée sur route Et vous savez comme moi que
depuis que la police routière européenne existe à
l'image de la police routière américaine, l'application
de la tolérance zéro aux fautes de conduite a ramené
le nombre de morts sur nos routes à moins de 1000 par an
! Ce procès a lieu parce que les décisions n'ont pas
été prises et qu'il n'y avait pas de volonté
politique d'agir sur ce sujet
RH :Je suis tout à fait d'accord avec Monsieur,
mais une publicité moins agressive aurait provoqué
moins de dégat !
JC :Madame vous êtes d'accord avec moi :nous
ne sommes ni responsables et encore moins coupables
CS : Vous avez de ces raccourcis et des lettres sur
les phrases historiques. Comme les mis en examen ne peuvent s'exprimer,
c'est donc vous, Maître, qui les représentez.
GB :Nous sommes en présence d'une véritable
chasse aux sorcières, voire d'une nouvelle affaire Dreyfus
. C'est un procès qui rabaisse le dialogue politique du pays
au caniveau et qui profite à l'opposition
MPDA :Mais enfin les mis en examen appartiennent aussi
bien à la majorité qu'à l'opposition !
GB :Tout ceci n'est qu'un ramassis de racontars et
de préjugés sans aucun fondement scientifique. D'ailleurs,
nous le prouverons sans difficultés à l'audience avec
les experts que nous ferons citer et sans jouer sur les vices de
procédure éventuels. C'est facile de réécrire
l'histoire plus de 15 ans après les faits et de juger les
faits des décennies passées avec les connaissances
actuelles !
RH :Parlons en justement des connaissances de l'époque
:Dès la fin du siècle dernier, les rapports scientifiques
avaient clairement démontré que l'obésité
en France, deviendrait, si rien n'était fait un fléau
comparable à ce qui se passait alors aux Etats-Unis. Des
solutions pratiques avaient été proposé par
de nombreux groupes de travail
CS :C'est vrai ; dès 1997, le rapport de l'OMS
comportait une analyse de toutes les données pays par pays
e proposait des pistes pour éviter la situation catastrophique
actuelle avec 65% des adultes obèses et 95% en surpoids !
L'étude Fleurbaix-Laventie, les études Obépi
1 et 2 montraient la tendance !Les recommandations de l'INSERM en
2000, celles proposées par les fameux groupe de travail "
LISBOA " qui ont tant défrayé la chronique de
2001 à 2005 sont resté lettre morte !
MPDA :De même, l'action sur 5 ans du PNNS (programme
national nutrition santé) lancé en 2001<par Madame
Gillot, secrétaire d'état à la santé
de l'époque (et d'ailleurs la seule à ne pas être
poursuivie), n'a eu malheureusement aucun impact ! Christine pouvez
vous rappelez les constats et propositions de l'époque.
CS : Il était évident que la publicité
pour ce que les Américains appellent la " Junk Food
" et qui pourrait se traduire par la " Malbouffe "
était responsable et coupable, poussant à consommer
de façon excessive des aliments obésogènes
JC :Ah non ! vous n'allez pas nous refaire le coup
de nous accuser, alors que nous parfaitement respecté la
loi et les règlements ! En voilà assez !
MPDA :Justement, une proposition de loi avait donc
été élaborée pour limiter ce type de
publicité. Elle imposait à l'annonceur, lors de chaque
campagne publicitaire pour ce type de nourriture ou boisson de consacrer
les mêmes moyens publicitaires en temps, espace supports pour
des messages d'éducation nutritionnels. A défaut un
montant identique à celui de la campagne publicitaire était
versé sous forme de " taxe sur la<malbouffe "
à un fonds de prévention et de traitement de l'obésité
!
JC : Cela était parfaitement irréaliste
et démagogique !
GB :D'ailleurs, il est vraisemblable que le Conseil
d'Etat n'aurait pas validé une telle loi !
RH :Mais qu'en savez-vous, puisque qu'elle n'a jamais
vu le jour comme vous le savez !
CS :Rappelons que dès janvier 2001, des revues
scientifiques de référence comme Diabetologia et Diabetes
Care, avaient souligné l'impact et le rôle parfois
néfaste de l'industrie agro-alimentaire, mais rien n'avait
été fait à l'époque pour limiter son
rôle.
GB : Vous auriez voulu une dictature fasciste ? Là,
il n'y avait plus de problèmes !
RH :Maitre, je vous en prie ne mélanger pas
tout !
MPDA :Il était évident, que l'information
de la population, et la formation du corps médical était
et est toujours insuffisante avec une absence de sensibilisation
de la population, des parents, des enfants et des enseignants à
la prévention. De même, la quasi absence de formation
des médecins non spécialistes sur ce sujet a perduré
jusqu'à l'an dernier (c'est à dire en 2013 !)
CS : Sans parler, également, de l'absence d'encouragements
à l'activité physique dont les bienfaits sont connus
depuis des siècles !
JC : Si c'est si bien connu que cela, il n'y aurait
pas eu besoin de l'encourager !
CS : Des propositions avaient été faites
pour améliorer la formation des médecins, promouvoir,
l'activité physique, faciliter une alimentation diversifiée,
agréable et conviviale en milieu scolaire et dépister
au plus tôt les surcharges pondérales débutantes.
Ces propositions n'ont comme vous le savez jamais eu la moindre
suite, si ce n'est que la création de multiples commissions
et depuis le 19ème siècle on sait bien que pour enterrer
un problème, il suffit de créer une commission !
RH :Comme vous pouvez le voir les décideurs
avaient toutes les informations. Or ils n'ont pas agi, alors qu'ils
étaient parfaitement au courant. Les courriers, coups de
téléphone, fax et emails restaient sans réponses
alors que l'on était en 1998-2001 en plein " principe
de précaution ! " (souvenez-vous de la vache folle et
de la fièvre aphteuse, qui n'ont concernés finalement
que très peu de gens !) Donc quand on veut on peut !
GB : Mais vous mélangez tout, les torchons,
les serviettes et pourquoi pas la pollution tant que vous y êtes
! restez dans le sujet !
RH : Le seul moyen d'essayer de faire sortir les décideurs
de leur torpeur s'est finalement révélé le
" lobbying " par l'intermédiaire des media. En
effet, au niveau local, national et européen, lors des campagnes
électorales, les media ont publié les dossiers et
posé les bonnes questions afin de faire que quelque chose
bouge !
MPDA : Suite à ces constats et propositions
établis au début du siècle, que s 'est-il passé
?
CS :Dès 2004, des parlementaires européens,
dont un certain nombre de Français de tous les partis ont
essayé de faire changer les choses puisque, comme vous l'avez
vu, tout remonte au législateur. Diverses propositions de
lois en ce sens ont été déposées à
Paris, Strasbourg et Bruxelles.
RH :Curieusement, la plupart de ces projets étaient
freinés et bloqués par les ministres jugés
actuellement !
GB :Madame Hotentotte si vous continuez je porte plainte
pour diffamations envers mes clients ! Attention, n'accusez pas
sans preuves !
RH :D'emblée, comme d'habitude, est apparue
de la part des industriels le classique chantage à l'emploi,
avec menace de fermetures d'usines !
JC :Mais vous divaguez ; ces mesures, si elles avaient
été adoptées, auraient permis de moderniser
toute la filière agro-alimentaire, la rendant plus performante
et permettant d'exporter nos produits dans le monde entier.
RH :Oui, mais quasiment tous les media ont cessé
de soutenir les courageux parlementaires car leurs recettes publicitaires
étaient en chute libre, menaçant leur existence !
CS :C'est vrai Monsieur Cegralas ?
JC :Mais non, c'était la période où
une nouvelle réglementation européenne de la publicité
était mise en place !
C'est pourquoi, la publicité avait diminué à
l'époque !
MPDA :Admettons. Curieusement, au moment des votes
décisifs en commission des lois ou en assemblée plènière,
des parlementaires se retrouvaient bloqués par des retards
de TGV et d'avions inexpliqués
..
CS : Et l'on se pose toujours des questions sur l'accident
de voiture qui a coùté la vie aux deux rapporteurs
européens sur le projet de loi de limitation de la "
malbouffe "
MPDA : Ceci confirme donc le rôle primordial
des législateurs et des politiques qu'il faut sans cesse
aiguillonner !
La lumière
s'éteint et MPDA se lève et retourne dans le coin
de la scène où il était au début, qui
reste le seul emplacement éclairé de la scène.
MPDA
:En fait tout ceci n'est qu'une fiction et nous sommes bien
en Juin 2001. Mais si rien n'est fait ce cauchemar pourrait devenir
la réalité ! A nous tous d'agir pour que nos propositions
soient effectivement suivies d'effets !
Abus
dangereux et consommation modérée ne sont pas l'apanage
exclusif des boissons alcoolisées
Tout
retard à une législation européenne ou française
comme celle que vous voyez affichée risque de mener à
ce que ce ne soit pas une fiction !
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