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Lundi
15 avril 2002 Le Parisien (édition Val de Marne)
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Manque
de moyens au CHU Henri-Mondor
Le cri de colère des diabétiques
LA COLÈRE et l'incompréhension. La disparition progressive
du service d'endocrinologie-diabétologie du CHU Henri-Mondor
à Créteil, qui accueille tous les ans près
de 7 000 diabétiques, exaspère les patients de l'hôpital
et les endocrinologues eux-mêmes. Samedi, diabétiques
franciliens et médecins se sont retrouvés dans la
salle des fêtes de Saint-Maur à l'occasion de l'assemblée
générale de la Ligue des diabétiques d'Ile-de-France
(LDIF). L'occasion de crier leur colère aux responsables
de l'hôpital.
" On traite les patients avec mépris " La LDIF
reproche à la direction d'Henri-Mondor de leur avoir promis
que le départ en retraite du professeur Léon Perlemuter,
chef de ce service, en septembre dernier, n'entraînerait aucune
conséquence pour les patients : " En fait le service
disparaît purement et simplement. Nous sommes furieux. Ou
les responsables nous ont sciemment menti ou ils ont largement sous-évalué
la situation, ce qui est aussi grave ", tempête Claude
Sokolowsky, président de la LDIF. L'endocrinologie-diabétologie
de Mondor était le seul service de pointe de ce type du sud-est
francilien. " Nous avons alerté tout le monde, à
commencer par l'Assistance publique. On a fait circuler une pétition
qui a déjà recueilli 2 000 signatures ", poursuit
Claude Sokolowsky. En attendant le début des discussions,
les participants déambulent entre les stands des laboratoires.
Le cas Mondor sur toutes les lèvres, la tension est presque
palpable. De nombreux médecins et scientifiques ont fait
le déplacement. " Le stade de la colère est dépassé.
Je suis atterrée par le mépris avec lequel on traite
les patients ", lâche le professeur Davidson. Endocrinologue
à l'hôpital de Villeneuve-Saint-Georges, cette praticienne
se dit " débordée. Dans notre unité, les
rendez-vous sont pris six mois à l'avance... Là, on
se retrouve avec des patients sans médecin. Nous ne pourrons
absorber que les urgences. " Homme phare de cette assemblée
générale, Léon Perlemuter, chef d'endocrinologie
à Mondor de 1969 à septembre dernier, n'est visiblement
plus tenu au devoir de réserve... " La disparition du
service est une catastrophe totale. L'intérêt des patients
n'a absolument pas été pris en compte. Nombre d'entre
eux ont besoin d'une assistance et d'un suivi. Que vont-ils devenir
?... En six mois, on a détruit un service que nous avons
mis vingt ans à construire. Cela ne pousse pas à l'optimisme...
" Innocenza Cammas est l'exemple type des victimes de cette
disparition. Patiente historique du professeur Perlemuter, elle
n'a pas réussi à obtenir la moindre consultation à
Henri-Mondor depuis septembre : " Quand j'appelle l'hôpital,
on me répond simplement qu'on ne m'oublie pas : en six mois,
je n'ai vu personne ! Résultat, mon généraliste
a dû m'envoyer sur une structure à Dourdan (Essonne).
Je regrette Mondor, l'équipe était vraiment excellente...
" Forte du soutien de ses adhérents, la LDIF a prévu
un rassemblement massif devant le CHU Henri-Mondor dès que
la période électorale aura pris fin.
Olivier Bureau pour
le Parisien du Val de Marne du lundi 15 avril 2002
SAINT-MAUR,
SALLE DES FÊTES, SAMEDI. L'assemblée générale
de la Ligue des diabétiques d'Ile-de-France a été
l'occasion d'aborder le problème de la disparition du service
d'endocrinologie-diabétologie du CHU Henri-Mondor.
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Mercredi
3 avril 2002 Le Parisien (édition Val de Marne)
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Hôpital
Henri-Mondor
Le cri d'alarme des diabétiques
<<...>> MALGRÉ les dénégations
de la direction de l'hôpital Mondor de Créteil, la
Ligue des diabétiques d'Ile-de-France (LDIF) en est convaincue
: le service d'endocrinologie, qui accueille quelque 6 500 malades
par an, est tout bonnement en train de disparaître. «
On nous avait promis que le départ à la retraite du
patron du service n'entraînerait aucune conséquence
pour les patients », rappelle Claude Sokolowsky, le président
de la Ligue. « Or ça va de mal en pis. »
Selon la LDIF, outre le chef de service, son adjoint a également
quitté le CHU (centre hospitalier universitaire) de Créteil
sans être remplacé. « Deux chefs de clinique
s'en vont cette année. Et quatre consultants (NDLR : des
médecins extérieurs rattachés au service) ont
eux aussi déserté l'hôpital. » Principale
conséquence pour les patients, des délais de rendez-vous
qui s'allongent. « Nous en sommes à près de
quatre mois d'attente pour obtenir une consultation, contre deux
auparavant. Certains d'entre nous ont d'ailleurs tout simplement
décidé d'être suivis à Paris plutôt
que dans cette structure, pourtant unique dans l'Est parisien. »
Fuite des cerveaux
D'après les patients, cette fuite progressive des cerveaux
du service d'endocrinologie est due au départ du chef de
service, un professeur. « Le seul intérêt pour
les consultants était de bénéficier des retombées
du travail et des conseils des « pontes » du service.
Bref, de continuer un travail de formation de haut niveau. Or, le
statut que possédait le professeur parti à la retraite
a été attribué à un autre service de
l'hôpital. Autant dire que les candidats ne vont pas se bousculer,
en endocrinologie, s'ils savent que le futur responsable du service
ne bénéficiera plus de ce statut... »
L'hôpital Henri-Mondor tenterait depuis plusieurs mois de
convaincre des spécialistes du diabète de prendre
la direction de l'endocrinologie. En vain, la faute à ce
statut perdu par le service. « On a du mal à comprendre
les raisons à tout cela, répète Claude Sokolowsky.
Si on nous avait dit qu'on allait supprimer le service pour en développer
un autre ailleurs, pourquoi pas ? Mais on nous a toujours assuré
qu'il n'était pas question de ça. Alors, soit la direction
de Mondor n'a pas su mesurer la gravité des problèmes
qui allaient se poser, soit elle a tout simplement menti. »
Bien que contactée à plusieurs reprises, la direction
de l'hôpital n'a pas pu être jointe hier.
Mathieu Janin pour le Parisien du
Val de Marne du mercredi 3 avril 2002
La ligue des diabétiques d'Ile-de-France tiendra son assemblée
générale le
13 avril à la mairie de Saint-Maur-des-Fossés.
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Les
diabétiques craignent pour la qualité de leurs soins
En
raison d'une réorganisation de service et du départ
en retraite non remplacé d'un éminent diabétologue,
les diabétiques craignent vivement une baisse de la qualité
des soins assurés à Henri-Mondor. L'ASSEMBLÉE
GÉNÉRALE de l'AMPEM (association des malades pour
l'endocrinologie et les maladies métaboliques), association
qui réunit notamment des diabétiques, promet d'être
agitée.
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Car
ce samedi, à partir de 9 h 30 dans une salle de l'hôtel
de ville de Saint-Maur, il sera inévitablement question du
sujet qui fâche : la prochaine transformation du service endocrino-diabéto-nutrition
de l'hôpital Henri-Mondor de Créteil en une simple
unité, rattachée au service de médecine interne,
à compter de septembre prochain.
Les conséquences ? Elles seront « dramatiques
», assène Claude Sokolowsky, président de l'AMPME.
Lui-même diabétique, insulino-dépendant, il
justifie le qualificatif : « Les 6 500 diabétiques
qui consultent régulièrement ce service subiront inévitablement
une baisse de la qualité de soins. C'est très grave,
car le diabète est une maladie presque sans conséquence
si le malade est bien surveillé, mais entraîne de terribles
dommages si elle n'est pas suivie. » Un spécialiste
confirme : « Le diabète est la première cause
de cécité et d'amputation en France. » La direction
d'Henri-Mondor, informée du mécontentement d'une association
qui a déjà réuni 2 000 pétitionnaires
contre la nouvelle organisation, joue l'apaisement : « La
situation pour les malades ne va pas changer fondamentalement »,
promet Yvon Spetebroott, membre de la direction de l'hôpital.
« Cette décision, poursuit-il, a été
prise afin de rationaliser l'utilisation des lits, notamment au
profit des urgences, où la fréquentation ne cesse
d'augmenter. »
Des arguments qui sont loin de calmer l'association de malades.
Ils soulignent que la nouvelle organisation du service est liée
au départ en retraite, non remplacé, du professeur
Perlemuter. « C'est sûr, son adjoint partira aussi,
puisqu'on ne lui offre pas de devenir professeur », s'agace
Claude Sokolowsky. Résultat : « En perdant deux diabétologues
de haut niveau et sa vocation d'enseignement, ce qui veut dire qu'il
n'y aura plus d'internes, le service ne pourra qu'être tiré
par le bas. Jusqu'aux autres médecins et infirmières,
qui, en ne progressant plus, vont inévitablement perdre en
motivation », confie un de ses membres.
Une fois encore, Yvon Spetebroott riposte : « Dire que le
niveau de soin en diabétologie va baisser n'est pas très
gentil pour l'équipe en place... » Claude Sokolowsky,
rappelle enfin que les diabétiques val-de-marnais ne possèdent
guère de position de repli : « les autres services
de diabétologie dans le département sont bien moins
importants et déjà engorgés... Mais de toute
façon, nous sommes prêts à lutter jusqu'à
ce que l'hôpital fasse machine arrière. C'est notre
peau qui est en jeu ! »
Le
Parisien : Stéphane Colineau
le 28-04-2001
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Catastrophés,
les diabétiques menacent l'hôpital
L'ASSEMBLÉE
GÉNÉRALE de l'AMPME (Association des malades pour
l'endocrinologie et les maladies métaboliques) s'est tenue
samedi à la mairie de Saint-Maur sur fond de crise. L'association
a décidé de tout mettre en oeuvre contre la réorganisation
du service endocrino-diabéto-nutrition de l'hôpital
Henri-Mondor de Créteil. « Il va falloir vous battre
et prendre votre sort en main », lance à une assistance
inquiète Claude Sokolowsky, président de l'association.
Les diabétiques du Val-de-Marne refusent le projet de réorganisation
du service qui est à leur disposition depuis trente ans à
l'hôpital Henri-Mondor. En septembre, il doit devenir une
simple unité rattachée au service de médecine
interne. Les 6 500 diabétiques qui le consultent régulièrement
craignent pour beaucoup une dégradation de la qualité
des soins.
Pour le professeur Léon Perlemuter, qui dirige le service
jusqu'à cet été . " Le risque majeur
dans une unité de diabétologie sans diabétologue
de haut niveau est de perdre sa vocation universitaire et de ne
plus avoir d'interne et finalement d'être déclassé."
Une chose est certaine, les 400 membres de l'AMPME ne sont pas décidés
à se laisser faire. Marcel, 75 ans, vient depuis 1969 se
faire soigner à Henri-Mondor .
« Sinon nous manifesterons »
« Sans la compétence du professeur Perlemuter, je ne
serais plus là. Qu'est-ce que je vais devenir s'il n'y a
plus de diabétologue pour diriger le service ? » Le
combat promet d'être acharné.
L'AMPEM a en outre reçu le soutien des personnels médicaux
d'autres hôpitaux du département. Leurs services spécialisés
sont plus petits et déjà au bord de l'engorgement.
Ils redoutent que la réorganisation de Mondor accroisse dans
leur direction le flux de malades.
Claude Sokolowsky, lui, menace : « En plus de la pétition
qui dépasse maintenant les 2 000 signatures, nous allons
écrire à tous les élus du département.
Si ça ne suffit pas, nous manifesterons à Mondor et
pourquoi pas sous les fenêtres du ministère de la Santé.
»
Le Parisien: Vincent Groizelea 30-04-2001
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