Impuissance - quel nom inhibiteur ! - auquel s'ajoutent les tabous sociaux. Parler de sexe n'est pas forcément facile et naturel. Le médecin est là pour écouter et répondre mais il n'a pas toujours été formé pour poser toutes les bonnes questions et apporter des solutions. Le véritable problème est celui d'une dysérection, c'est à dire d'une impossibilité partielle ou totale d'obtenir et maintenir une érection.

 
  Docteur, ce dont je me plains, est-ce bien connu ?

La description des symptômes du déficit sexuel est d'une importance essentielle. Il n' y a pas "une" impuissance mais des manifestations diverses de dysérection. Orienter le médecin c'est lui décrire précisément votre problème. Sur 100 hommes les problèmes sont les suivants :

Les difficultés à l'érection concernent 57% des patients. Il peut s'agir d'une absence totale d'érection, surtout celles de fin de nuit. Le "circuit " de l'acte sexuel est-il endommagé? Ailleurs des érections sont possibles mais il y a une impossibilité à maintenir une rigidité qui permette d'aboutir à une pénétration. Le problème est en général très différent de celui de l'absence totale d'érection. En tout état de cause, l'existence d'une seule érection est suffisante pour dire que "la machine" est en bon état de marche.

L'éjaculation précoce atteint 27% des sujets. Dans ce cas l'homme est incapable de se maîtriser suffisamment pour retenir l'éjaculation qui se produit dès la pénétration, ou presque. La quasi totalité de ce trouble est primaire, c'est à dire qu'il survient à un âge jeune ( 25 à 35 ans) et qu'il a toujours existé.

Dans 3% des cas les éjaculations sont retardées ou inexistantes - Enfin les difficultés peuvent être rapportées à des troubles de l'identité ou des ambiguïtés sexuelles dans 10 à 15% des cas.

 
  Et mon diabète dans tout çà ?

Bonne question. Le diabète peut abîmer les éléments qui chez l'homme contribuent à une érection de bonne qualité : les nerfs qui commandent l'érection, les vaisseaux qui amènent le sang dans les corps érectiles (corps caverneux). Encore faut-il que le diabète dure déjà depuis de nombreuses années, qu'il ait été négligé et souvent aggravé par l'action néfaste de l'alcool. Mais on dispose d'examens précis, capables de fournir une réponse : l'examen des vaisseaux du petit bassin par échodoppler et celui des nerfs par un examen électrique. De plus, les examens permettent d'écarter une autre cause que le diabète et elles sont assez nombreuses.
Si ces examens sont normaux il est certain que le diabète n'y est pour rien, sauf s'il existe une prise de médicaments capables de freiner la vie sexuelle. Les médecins les connaissent bien : antidépresseurs, médicaments de l'anxiété, certains produits contre la tension artérielle peuvent entraver la sexualité. Enfin un retentissement psychologique du diabète n'est pas impossible, mais ni plus ni moins qu'une autre maladie.

 
  Le sexe en tête

Chez le sujet jeune les difficultés sexuelles sont dues à des inhibitions dont la principale cause est une grande anxiété vis-à-vis de la vie sexuelle. Le manque de confiance en soi, la timidité sont souvent aggravés par une situation conflictuelle dans le couple. Le sujet évite de séduire; il se replie sur lui-même. Ces symptômes ont commencé dès le début de l'activité sexuelle raison pour laquelle ils sont appelés symptômes primaires. La plupart du temps, c'est après une vie sexuelle normale que les troubles sexuels surviennent ( symptômes secondaires), souvent à la suite de problèmes personnels.

L'impuissance est conséquence de la perte de puissance dans la vie courante : licenciement, chômage, perte d'un poste de responsabilité, perte financière. Ailleurs c'est un chagrin, la perte d'un familier, une frustration ou encore une contrainte comme un conflit dans le couple. Les difficultés à l'érection ont d'ailleurs déjà pu exister dans le passé et réapparaître à la suite des nouveaux évènements de la vie.

 
  Faites quelque chose, Docteur

Obtenir une érection chez un homme dont la libido est intacte est le plus souvent possible. Même lorsque la commande nerveuse est lésée, les moyens mécaniques et les injections intra caverneuses permettent le plus souvent d'obtenir une érection de bonne qualité. Mais ces méthodes ne sont pas toujours très agréables.
La nouveauté provient du Viagra, Cialis et apparentés qui sont des produits trés efficaces. Ils agissent en permettant l'afflux de sang dans les corps caverneux donc en provoquant une rigidité durable de la verge. Ce ne sont en aucun cas des aphrodisiaques. L'érection est amplifiée et maintenue plus longtemps, mais ce mécanisme d'action explique la nécessité d'une stimulation sexuelle pour qu'elle se produise. Le temps nécessaire pour obtenir une érection suffisante pour un rapport sexuel est de 10 à 30 minutes. Elle peut être obtenue jusqu'à 4 à 5 heures plus tard.

Le vrai problème réside dans les dangers des produits. Ils sont contre-indiqués chez les patients atteints d'angine de poitrine ou d'insuffisance cardiaque et surtout chez ceux qui ont une insuffisance des artères coronaires ou qui ont eu un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral. De plus certains médicaments sont incompatibles avec l'utilisation de ces produits. Un certain nombre de morts ne sont plus là pour témoigner des dangers véritables de ces médicaments qui, par ailleurs constituent souvent une solution très valable aux problèmes de déficit de l'érection. Oui, le Docteur peut - et doit - faire quelque chose. Mais ni lui ni le patient ne doivent faire n'importe quoi. Pour cela il faut en discuter. Quant aux injections dans les corps caverneux ou les pompes à dépression, ce sont des moyen traumatisants qui réclament l'aide d'un urologue. Et le diabète dans tout ça ? Même s'il est parfois en cause, il a souvent bon dos.

 
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