Il y a de cela trois ans, les médecins ont diagnostiqué un diabète de
type 1 chez mon époux.
Du jour au lendemain, mon univers a basculé dans l'inconnu. Dans un premier temps,
j'ai du essayer d'apprendre à gérer l'angoisse et bien souvent le refus de
cette maladie par mon époux, tout en canalisant mes propres peurs face à
cette maladie incurable.
Je ne me sentais pas en mesure d'apporter un quelconque soutien à mon cher
époux diabétique, car j'ignorais comment lui venir en aide sans qu'il ait
l'impression d'être devenu « un handicapé de la vie » et
d'éviter qu'il ne se sente « diminué » dans son rôle
d'homme par une trop grande ingérence de ma part dans sa maladie. Je
n'étais absolument pas préparée à vivre une telle chose.
J'étais en pleine confusion émotionnelle.
En clair, d'une part, je me sentais bien seule pour affronter cette maladie et d'autre part je
culpabilisais d'avoir de telles réactions. En effet, moi qui était en bonne
santé, avais-je le droit de me plaindre ?
Or en août 2003, j'ai eu la chance d'aller au Congrès International du
Diabète qui avait lieu à Paris.
Lors d'une conférence, un médecin anglais nous a demandé si nous
connaissions le diabète de type 4.
C'est devant un auditoire médusé, qu'il a énoncé clairement et
sans détour toutes les difficultés rencontrées par les personnes vivants
avec un diabétique.
Et là, ce fut une véritable révélation !
Je pouvais enfin mettre un nom à mon mal être :
j'étais atteinte d'un diabète de type 4 !
Néanmoins, il m'a fallu apprendre, seule, à éviter de
« couver » mon époux (comme par exemple arrêter de
l'appeler trois fois par jour pour connaître ses taux
) sans pour autant passer
à un stade où il aurait eu l'impression que sa maladie ne me concernait pas.
Pas facile de conjuguer les deux, sans tomber dans l'un ou l'autre scénario.
Comment vivre sereinement avec une personne diabétique, en sachant qu'à
tout moment elle peut faire une hypoglycémie, voir un coma diabétique ?
Quelle attitude adoptée sans reporter sur lui mes propres angoisses face à
ces phénomènes ? Comment gérer, sans le prendre de façon
personnelle, l'agressivité qu'engendrent certaines hypoglycémies ? Tant
de questions restées sans réponses
.
Je n'ai eu droit à aucun cours de diététique, ce qui est quand
même un comble pour la cuisinière, qui tous les jours, doit faire les repas en
essayant de trouver les bons apports glucidiques !
Je n'ai bénéficié d'aucun soutien psychologique pour m'aider, d'aucune
formation pour savoir utiliser les appareils (comment prendre une glycémie capillaire,
faire une injection sous cutanée de glucagon etc.
) Heureusement que le
système D existe, ce qui m'a permis de tester sur une pomme une injection de
glucagon. Mais comment réagirais-je en situation réelle, car la panique aidant
tout devient compliqué.
J'aurais tellement voulu avoir des réponses à mes interrogations, mais je n'ai
pas trouvé une structure adaptée à mes besoins. Heureusement une
amie, femme de diabétique depuis 15 ans, a pu parfois m'éclairer grâce
à son vécu.
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