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JE SUIS ATTEINTE D'UN DIABETE DE TYPE 4
(Diabète par procuration)

 
  Paru dans le N° de Mai de Diabète et Nutrition. ( N°199 )
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Il y a de cela trois ans, les médecins ont diagnostiqué un diabète de type 1 chez mon époux.

Du jour au lendemain, mon univers a basculé dans l'inconnu. Dans un premier temps, j'ai du essayer d'apprendre à gérer l'angoisse et bien souvent le refus de cette maladie par mon époux, tout en canalisant mes propres peurs face à cette maladie incurable.

Je ne me sentais pas en mesure d'apporter un quelconque soutien à mon cher époux diabétique, car j'ignorais comment lui venir en aide sans qu'il ait l'impression d'être devenu « un handicapé de la vie » et d'éviter qu'il ne se sente « diminué » dans son rôle d'homme par une trop grande ingérence de ma part dans sa maladie. Je n'étais absolument pas préparée à vivre une telle chose. J'étais en pleine confusion émotionnelle.

En clair, d'une part, je me sentais bien seule pour affronter cette maladie et d'autre part je culpabilisais d'avoir de telles réactions. En effet, moi qui était en bonne santé, avais-je le droit de me plaindre ?

Or en août 2003, j'ai eu la chance d'aller au Congrès International du Diabète qui avait lieu à Paris. Lors d'une conférence, un médecin anglais nous a demandé si nous connaissions le diabète de type 4. C'est devant un auditoire médusé, qu'il a énoncé clairement et sans détour toutes les difficultés rencontrées par les personnes vivants avec un diabétique.

Et là, ce fut une véritable révélation ! Je pouvais enfin mettre un nom à mon mal être : j'étais atteinte d'un diabète de type 4 !

Néanmoins, il m'a fallu apprendre, seule, à éviter de « couver » mon époux (comme par exemple arrêter de l'appeler trois fois par jour pour connaître ses taux…) sans pour autant passer à un stade où il aurait eu l'impression que sa maladie ne me concernait pas. Pas facile de conjuguer les deux, sans tomber dans l'un ou l'autre scénario.

Comment vivre sereinement avec une personne diabétique, en sachant qu'à tout moment elle peut faire une hypoglycémie, voir un coma diabétique ? Quelle attitude adoptée sans reporter sur lui mes propres angoisses face à ces phénomènes ? Comment gérer, sans le prendre de façon personnelle, l'agressivité qu'engendrent certaines hypoglycémies ? Tant de questions restées sans réponses ….

Je n'ai eu droit à aucun cours de diététique, ce qui est quand même un comble pour la cuisinière, qui tous les jours, doit faire les repas en essayant de trouver les bons apports glucidiques !

Je n'ai bénéficié d'aucun soutien psychologique pour m'aider, d'aucune formation pour savoir utiliser les appareils (comment prendre une glycémie capillaire, faire une injection sous cutanée de glucagon etc.…) Heureusement que le système D existe, ce qui m'a permis de tester sur une pomme une injection de glucagon. Mais comment réagirais-je en situation réelle, car la panique aidant tout devient compliqué.

J'aurais tellement voulu avoir des réponses à mes interrogations, mais je n'ai pas trouvé une structure adaptée à mes besoins. Heureusement une amie, femme de diabétique depuis 15 ans, a pu parfois m'éclairer grâce à son vécu.

     
 

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Mme Marie - Line QUIN
Femme de Diabétique

 
     
   
   
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