L'insuline
par voie respiratoire.
Je vous ai déjà parlé de cette nouvelle présentation.
Plusieurs publications insistent sur les progrès réalisés
et plusieurs firmes pharmaceutiques soutiennent ardemment le projet
(Aventis, Pfizer, Lilly et quelques autres).
La taille des particules d'insuline joue mais surtout
le temps d'aérosolisation est important comme le montrent
C.Kapitza et collaborateurs de Neuss, en Allemagne. En bref, l'appareil
à produire la poudre à inhaler est déjà
au point mais encore assez volumineux et encombrant.
Le profil d'action de l'insuline inhalée
est intermédiaire entre celui de l'insuline lispro (Humalog®)
et de l'insuline rapide. Elle agit en effet très vite et
pendant 6 à 8 heures. (Dr. C.Osborn et coll.).
La dose d'insuline à utiliser est évidemment
beaucoup plus importante que par voie sous-cutanée : 15
U. par voie sous cutanée équivalent à 168
U. inhalées soit 11 fois autant !
Le principal problème de l'inhalation d'insuline est de
ne pas encore avoir la précision de l'injection même
si la reproductibilité est assez bonne.
Dans quel type de diabète peut-on s'attendre
à voir l'insuline inhalée s'imposer ?
-
Pour l'avenir immédiat le diabète de type 1 du
sujet jeune inspire encore une réticence certaine . Toutefois
une équipe de Boston( Dr. Testa, Turner, Hayes et Simonson
) montre que la réduction du nombre d'injections rendue
possible par l'insuline inhalée améliore la qualité
de vie, le confort et la satisfaction des diabétiques
de type 1.
- En revanche le diabète de type
2, mal équilibré par les comprimés, quels
qu'ils soient,
reste l'objectif primordial en permettant d'éviter les
injections de la journée. L'étude
intitulée Exubera (Dr. Priscilla Hollander et coll. Dallas,
Texas ) montre que l'insuline inhalée donne des résultats
comparables à ceux d'un groupe de diabétiques
traité par insuline lente au coucher + comprimés
et d'un autre groupe traité par insuline sous-cutanée
seule.
Y a-t-il des inconvénients à l'insuline inhalée
? En dehors de l'encombrement du matériel, les ennuis
médicaux sont réduits. On a peu de problèmes
respiratoires. Le taux des anticorps anti-insuline est plus élevé
avec l'insuline inhalée qu'avec l'insuline sous-cutanée
sans qu'on en sache les conséquences à long terme.
En bref : on n'arrête pas le progrès mais
il
va coûter cher ! L'inhalateur et 10 fois plus d'insuline,
sans compter les amortissements de recherche et de commercialisation.
Je ne vous dis pas les cauchemars de nos responsables de santé
et de sécu réunis
A bientôt pour la suite des nouvelles de ADA, Da !