C'est... TOUT NEUF !
 
  ADA ? A dada !!! chapitre 1  
 
Pr Léon Perlemuter
 
 
 
 

La fin du mois de juin voit se réunir chaque année la crème des spécialistes américains du diabète au congrès de l'ADA ( American Diabetes Association). La crème attire les mouches c'est bien connu et l'ADA est en fait le lieu de rencontre international obligé des diabéto (logues et des tiques). Les diabétiques ont en effet une association remarquable de présence et d'efficacité.
Cette année 2001 ce fut à Philadelphie, capitale de la Pennsylvanie, que les spécialistes mondiaux confrontèrent les progrès réalisés surtout dans le domaine de la recherche et du traitement. J'essaierai de vous informer de ce qui me paraît être probablement utilisable dans les années qui viennent. Allez…à cheval !

 
 

LES VOIES DE L'INSULINE SONT SONDABLES…( chapitre 1)

 
 


L'insuline par voie respiratoire.
Je vous ai déjà parlé de cette nouvelle présentation. Plusieurs publications insistent sur les progrès réalisés et plusieurs firmes pharmaceutiques soutiennent ardemment le projet (Aventis, Pfizer, Lilly et quelques autres).
• La taille des particules d'insuline joue mais surtout le temps d'aérosolisation est important comme le montrent C.Kapitza et collaborateurs de Neuss, en Allemagne. En bref, l'appareil à produire la poudre à inhaler est déjà au point mais encore assez volumineux et encombrant.
• Le profil d'action de l'insuline inhalée est intermédiaire entre celui de l'insuline lispro (Humalog®) et de l'insuline rapide. Elle agit en effet très vite et pendant 6 à 8 heures. (Dr. C.Osborn et coll.).
• La dose d'insuline à utiliser est évidemment beaucoup plus importante que par voie sous-cutanée : 15 U. par voie sous cutanée équivalent à 168 U. inhalées soit 11 fois autant !
Le principal problème de l'inhalation d'insuline est de ne pas encore avoir la précision de l'injection même si la reproductibilité est assez bonne.
• Dans quel type de diabète peut-on s'attendre à voir l'insuline inhalée s'imposer ?

- Pour l'avenir immédiat le diabète de type 1 du sujet jeune inspire encore une réticence certaine . Toutefois une équipe de Boston( Dr. Testa, Turner, Hayes et Simonson ) montre que la réduction du nombre d'injections rendue possible par l'insuline inhalée améliore la qualité de vie, le confort et la satisfaction des diabétiques de type 1.
- En revanche le diabète de type 2, mal équilibré par les comprimés, quels qu'ils soien
t, reste l'objectif primordial en permettant d'éviter les injections de la journée. L'étude intitulée Exubera (Dr. Priscilla Hollander et coll. Dallas, Texas ) montre que l'insuline inhalée donne des résultats comparables à ceux d'un groupe de diabétiques traité par insuline lente au coucher + comprimés et d'un autre groupe traité par insuline sous-cutanée seule.


Y a-t-il des inconvénients à l'insuline inhalée ? En dehors de l'encombrement du matériel, les ennuis médicaux sont réduits. On a peu de problèmes respiratoires. Le taux des anticorps anti-insuline est plus élevé avec l'insuline inhalée qu'avec l'insuline sous-cutanée sans qu'on en sache les conséquences à long terme.

En bref : on n'arrête pas le progrès mais…il va coûter cher ! L'inhalateur et 10 fois plus d'insuline, sans compter les amortissements de recherche et de commercialisation. Je ne vous dis pas les cauchemars de nos responsables de santé et de sécu réunis…

A bientôt pour la suite des nouvelles de ADA, Da !